Nicolas Stavroguine

Alphonse Nicolas Jean-Baptiste Stavroguine, plus connu sous le nom de Nicolas Stavroguine, né à Puyjannot le 7 novembre 1877, est un romancier et essayiste français.

Homonyme du héros de Dostoïevski, Stavroguine n'a cependant jamais voulu prendre pseudonyme, assurant que Dostoïevski aurait dû avoir la délicatesse de contacter ses ancêtres pour éviter toute méprise future. Originaire de Russie par son père et de Malte par sa mère, illustrateur à ses heures, il débute dans la littérature populaire régionale avec son roman le plus célèbre, « Sous les platanes », qui lui valut son entrée à « L’Echo de Plassans », en 1902. Le feuilleton des amours impossibles de Marie-France Vytrolle et de Hervé Gorgechaud lui vaut les honneurs de la critique nationale. Il obtient pour ce livre le prix Isidore Duboeuf en 1903. Trois ans après ce succès critique et populaire, il se terrera dans le silence et dans sa propriété de Plassans, héritage d'un vieil oncle qui l'encourageait à l'exercice des arts, contre l'avis de ses parents qui l'aurait voulu prêtre ou missionnaire.

En 1906, il participe à « La Chronique de Marseille », fondée par Lucien de Rubenneuf, dont la parution ne durera hélas que quinze semaines, mais qui fut l’occasion pour Stavroguine de s’essayer au portrait, tant graphique que littéraire. Ses articles sont goûtés du grand public, et font sa renommée ; il est apprécié de ses lecteurs, et redouté des puissants qu'il croque en quelques traits féroces, mais toujours justes - des puissants qui ne refusent pas sa compagnie, à l’occasion d'un repas ou d'une soirée. Cet écrivain, pourtant connu pour sa misanthropie, cherche cependant sans cesse à se documenter sur la société qu'il dépeint. Il fraye ainsi pendant quelques années avec le tout-Plassans, mais ses diverses amitiés lui valent parfois de sérieux ennuis, dont le moindre n’est pas une pénible aventure suite à une création de compagnie de daguerréotypes publicitaires, mort-née suite à un obscur règlement de comptes politiques entre élus de Plassans.

Son roman suivant, « Histoire de René de Carlava », en 1907, fait connaître le village de Charleval, où il se rend souvent et goûte chaque semaine un repos dominical bien mérité à l’ombre des tilleuls de la propriété que lui prête son ami René de Jehan, riche rentier exilé à Plassans suite à une querelle avec des paysans du coin. René de Jehan lui servira d'ailleurs de modèle pour le personnage incroyable de René de Carlava, rentier excentrique dont les frasques feront longtemps rire les lecteurs du pays.

C’est dans sa revue satirique « Les Frelons », que Stavroguine  publie en 1909 son oeuvre maîtresse « Plassans 1909 », une satire plaisante de la vie politique de sa ville, sous forme de chroniques brèves, écrites à l’occasion d’élections municipales annulées et de la campagne qui s'ensuit. Il fonde ensuite « Le Journal » pour soutenir la candidature du général Nouvoylas à la Présidence de la République. L'avenir dira si ses combats furent de quelque importance pour le pays de Plassans.