02.08.2009

Les illusions perdues

Que sont-ils devenus ? Que vont-il devenir ? Notre nouveau feuilleton de l'été dressera le portrait d'éminentes figures plassanaises et, en faisant un sympathique bilan de leur(s) action(s) pendant la chaude campagne qui vient de s'achever, tentera d'informer les lecteurs sur leur devenir. Premier de cette liste, Maître Pezest, personnage que nous qualifierons bien volontiers de balzacien.

Avocat de renom, marseillais aux lointaines ascendances plassanaises, Maître Pezest, après une longue carrière politique faite de hauts et de bas, et sur lesquels nous ne reviendront pas, avait brigué la mairie de Plassans en 1908. Il n’avait pas été adoubé par le Parti socialiste et avait monté sa liste, en dissidence. Les socialistes en avaient conçu une vive amertume, qui ne s’est toujours pas tarie. Les voix avaient largement manqué en 1908 à Monsieur Maidevet et il avait considéré la candidature de Maître Pezest, et même son désistement du second tour comme le responsable de son échec.

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Notre document : "Les pezestistes, un problème piquant pour Monsieur Maidevet en 1908... et en 1909 !"


En 1909, les choses devaient être différentes. Lors de ces élections exceptionnelles et inespérées, Maître Pezest n’avait pas jugé bon de s’engager. Craignait-il les mêmes courroux et les mêmes déchirements qu’en 1908 ? Etait-il las de la politique plassanaise ? Avait-il d’autres fers au feu ? Il ne fut guère disert sur la campagne ; son colistier de 1908, Monsieur de Picherasle, regarda tout cela depuis le Sénat, d’un air amusé, et ne fit aucun autre commentaire public – ou si peu.


Maître Pezest laissa donc ses fidèles se débattre avec Monsieur Maidevet, en prévision des élections, dès la nouvelle de l’invalidation connue. Il se borna donc à compter les points.
On sait aujourd’hui ce que ces débats ont donné : un échec, d’une courte tête, et aucun affidé de Maître Pezest sur la liste d’union voulue par Messieurs Maidevet, de Peresty et Guindet. Les négociations furent pourtant rudes avant le premier tour de 1909, car il est dans la nature de l’homme politique d’espérer et d’aspirer toujours. En quoi et à quoi, l’Histoire ne le dit hélas que trop souvent !

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Notre document : "Avant le premier tour de 1909, un jeune soutien proche de Monsieur Maidevet étudie la fraîcheur des propositions Pezest de l'année précédente, et songe à la position d'éventuels candidats pezestistes sur la liste d'union PS-Modème."



Suite à ces négociations subtiles, on devait apprendre rapidement que Monsieur Maidevet ne voulait guère des alliés de Maître Pezest, si ce n’est à des places peu enviables, et qu’il ne voulait surtout pas de la mesure-phare de Michel Pezest, c’est-à-dire : la construction d’une dalle sur la montée d’Avignon. Dalle sur laquelle Maître Pezest et son équipe souhaitaient voir construire des habitations, des « lieux de vie » (ainsi que l’on nomme joliment aujourd’hui des lieux publics – connaît-on des « lieux de mort » ?). Une poste, une succursale de banque (qui manque toujours cruellement aux habitants du quartier de Caurcy), des établissements privés et publics, des logements sociaux ou chics auraient pu ainsi naître et se développer comme des champignon sur un espace nouveau. Monsieur Maidevet ne voulut point de cette mesure, trop marquée du sceau de Maître Pezest, on s’en souvient. Si par malheur il devenait bourgmestre, il devrait se lancer dans cette coûteuse opération, et tout le monde ne se serait souvenu que de la dalle Pezest et pas des petites constructions politiques Maidevet…

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Notre document : "Fin de non-recevoir aux candidats pezestistes sur la liste d'union de Monsieur Maidevet, à l'orée de la campagne de 1909."



Que va donc devenir Maître Pezest, dont le fantôme a tout de même quelque peu troublé ces élections impromptues ? C’est que les voix de quelques soutiens de Maître Pezest, revanchards, ont bien dû manquer à l’élection manquée de Monsieur Maidevet. Lui-même a été plutôt vindicatif, pendant la campagne. Lors d’une soirée lyrique, il aurait pris à partie assez violemment Michel Pezest, rapporte Monsieur de Castreneuf dans son bloc-notes, pour lui promettre les pires avanies s’il était élu ! Maître Pezest, impassible, n’a pu que faire constater à Monsieur Maidevet qu’il perdait des voix en le tançant aussi vertement devant un public aussi choisi. Les voix, enjeu indispensable, denrée rare, surtout en période estivale.

 

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Notre document : "Maître Pezest a été violemment pris à partie par Monsieur Maidevet lors d'une représentation publique d'un spectacle lyrique, nous informe Monsieur de Castreneuf. Une réaction à l'emporte-pièce à laquelle Michel Pezest a répondu avec son flegme habituel."


Si Maître Pezest n’a pas dit grand-chose en public pendant la campagne, il a parlé beaucoup, à ses amis, ses contacts, ses alliés et ses soutiens. Des mots d’ordre ont été lancé. On sait également que Monsieur de Picherasle a rencontré avant le premier tour Monsieur Gayrerrat, mais… cette rencontre ne fut pas douée d’effet, puisque « le vert galant » a rejoint la coalition hétéroclite de Monsieur Maidevet, que l’on sait de longue date un ennemi de l’ancien bourgmestre.

 

*


Nous avions rendez-vous avec Maître Pezest, voici une semaine, pour un repas et un entretien qui nous aurait permis d’en savoir plus sur son avenir, mais nos lecteurs resteront sur leur faim. Car d’entretien, il n’y eut point, hélas ! Maître Pezest, affairé, n’est pas venu au rendez-vous : il nous avertit tardivement par un de ces petits messages téléphoniques qui font la joie des adolescents et le bonheur des compagnies de téléphone. Maître Pezest était en audience, et son dossier n’était pas encore passé. Nous devions nous revoir, mais sans doute trop occupé par ses affaires de justice, Maître Pezest reste injoignable. On se félicitera donc des bonnes affaires de justice de cet avocat de renom : même après avoir perdu la vice-présidence du Conseil de Département, même après s’être retiré du second tour des élections échevinales de 1908, Maître Pezest reste l’homme efficace et distingué, occupé, que l’on a toujours connu à Marseille – et maintenant un peu plus à Plassans.

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Notre document : "Au café "L'Alésia", on a attendu longtemps, ce lundi midi, le distingué Maître Pezest. Mais l'avocat était encore au tribunal. L'été ne donne pas de trêve aux hommes de bonne volonté. Ce qu'il fait pour la justice, Maître Pezest pourra le faire pour Plassans ! Rendez-vous en 1914 ?"


On nous a soufflé – toutefois cela restait à confirmer – que, Michel Pezest était revenu dans les bonnes grâces du Président Gueyriny, et que ce dernier lui avait confié une importante mission d’ordre culturelle – un domaine dans lequel excelle le doué avocat. Il s’agirait d’une mission concernant l’exposition universelle de 1913, basée sur Marseille capitale universelle de la Culture. Nous devons aussi à la vérité de rapporter les propos d’un proche de Maître Pezest qui nous assure aujourd’hui qu’après la défaite de Monsieur Maidevet, Michel Pezest conserve toutes ses chances pour l’élection de 1914, en candidat adoubé par le Parti Socialiste, cette fois.


Espérons qu’il ne sera pas, cette fois, en retard à ce nouveau rendez-vous de l’Histoire.

Commentaires

Il serait grand temps que le PS mette de l'ordre chez lui.

Vire du premier rang ce caractériel de MEDVEDOWSKY, fasse rentrer dans le rang ce capricieux de VAUZELLE, soutient de F. SKRIVAN, qui se pique de vouloir changer le nom de notre Région, après avoir imposé un étendard moyennageux...

Un candidat qui par six fois connaît la défaite n'est pas un bon candidat, ou alors ses assises sont fortement maçonnées...

On passe à autre chose s'il vous plait, les militants du Parti ne sont pas ravis de constater ce qui se passe, mais cette énième défaite peut se montrer salutaire pour la suite des évènements.

Il faut que Michel PEZET investisse pleinement le PS local, c'est le moment ou jamais.

Ecrit par : Un de la Bande | 04.08.2009

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