31.10.2009

L'introuvable

L'introuvable a été finalement retrouvé : une réédition de 1947 du premier volume des Chroniques de Plassans, de Nicolas Stavroguine, a été retrouvé sur un marché de livres anciens... de Plassans ! Ce volume, édité au Livre moderne illustré par J. Ferenczi & Fils, contenait, à notre grande surprise, un grand nombre de pages inédites, parfois féroces, sur le petit monde politique et culturel de Plassans. Ces pages inédites seront donc adjointes à l'édition à venir des Chroniques, qui sera donc finalement réalisée en fac-similé de cet ouvrage.
Ce livre sera très prochainement disponible à l'achat, et nous tiendrons informés de cette publication les lecteurs qui suivent, semaine après semaine, sur la Toile, l'exhumation des articles de notre ancêtre.


Succession N. Stavroguine


 

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26.10.2009

La presse et la réclame

Dans un récent articulet de son bloc-notes, Monsieur de Castreneuf, radical-socialiste de longue date, opposant aujourd’hui bien (re)connu de la Marquise de Joie-Ceinte, découvre avec effarement que la Cité de Plassans a payé plusieurs dizaines de milliers de francs-or des articles de publi-information dans le quotidien Le petit Provençal. Rien de bien nouveau sous le soleil de "la belle aux eaux crépitantes", mais Monsieur de Castreneuf s'étonne et se scandalise de cette pratique...

 

 

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Notre document : « Sapré tonnerre ! Monsieur de Castreneuf découvre, médusé, après tant d’années de vie publique, que les Cités paient pour de la publicité institutionnelle dans la presse quotidienne régionale ! Un véritable scandale qui doit être dénoncé à tous prix ! »


Elle est pourtant devenue monnaie courante. Monsieur de Castreneuf s’en étonne, remarquons-nous, avec une candeur qu’on ne lui reconnaît pas. Il devrait en effet connaître ces pratiques de communication lui qui a œuvré aux destinées de Plassans pendant de nombreuses années aux côtés de l’ancien échevin, Monsieur de Picherasle – Monsieur de Castreneuf avait en charge le quartier du Pont de la Voûte. La communication institutionnelle, en effet, n’est pas née d’hier et ce n’est certainement pas Madame de Joie-Ceinte (qui s’y connaît hélas fort peu en la matière) qui aura inventé ce type de réclame, aussi vieux que les placards publicitaires le sont eux-mêmes. Toutes les grandes municipalités se fendent, dans leurs budgets, de campagnes de communication, en cheville avec les feuilles locales, pour couvrir tel événement dont elles sont à l’origine ou qu'elles soutiennent.

 

 

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Notre document : « Sacrebleu ! Le Petit Provençal couvre en termes exagérément laudatifs l'exposition de l'été 1909 organisée par l'équipe de la Marquise. À la lecture de cet article si peu critique, le sang italien de Monsieur de Castreneuf ne fait qu'un tour. »


Le Cafard acharné, journal paraissant satirique le mercredi, est à l’origine de cette grande découverte de Monsieur de Castreneuf. Celui-ci est en effet lecteur assidu de cette feuille qui fit le bonheur des soldats au cours de la dernière guerre : jeux de mots goûteux et informations à scandales sur la vie publique des puissants y font en effet le miel des amateurs de politique en Chambre.

Les Frelons ne pouvaient demeurer sans voix sur ce sujet. Parlons un peu cuisine, puisqu’en chaque chose il y a une intention. D’où proviennent les informations si scandaleuses révélées par le Cafard, et quelles en sont les intentions cachées ? Il y a fort à parier, selon nos sources, que les journalistes syndicalistes du Petit Provençal sont à l’origine de cette « fuite » auprès du Cafard. Cela dans le but de faire « sauter » leur direction. À noter que l’article du Cafard en question ne concerne pas seulement la Cité de Plassans mais d’autres contrats de communication passées par des municipalités du Sud du Royaume avec la presse quotidienne régionale.

 

 

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Notre document : "La presse locale est-elle indépendante ? Grands dieux, non ! Elle l'était sans doute davantage pendant le mandat de Monsieur de Picherasle... ou quand Monsieur de Castreneuf était lui-même chroniqueur au Petit Provençal."


La grande question que pose en réalité Monsieur de Castreneuf dans son bloc-note est celle de l’indépendance de la presse. Cette presse (et surtout quotidienne et régionale) est-elle indépendante ? Certes non. L’objectivité, vieille antienne, on le sait, n’existe pas. Il s’agit d’un idéal impossible à tenir, pour des raisons évidemment économiques : il y a de moins en moins de lecteurs et les budgets ne tiennent que par l’apport indispensable de la manne publicitaire. Souvent le fait de compagnies privées, mais surtout par les annonces légales des appels d’offres et autres réalisations des collectivités territoriales. Nous-mêmes, aux Frelons, ne pourrions « tenir » sans le soutien de sociétés privées et amies et les réclames que vous lisez parfois dans nos pages pour certaines liqueurs et pour quelques spiritueux viennent inévitablement redonner les couleurs de la vie à notre trésorerie souvent moribonde.

Nous n’avons pas à en rougir et conseillons d’ailleurs vivement à nos lecteurs la consommation (raisonnable) de ces breuvages sans lesquels les Plassanais failliraient à leur réputation de bons vivants.

Monsieur de Castreneuf devrait connaître l’importance de la réclame institutionnelle, puisqu’il a été aux manettes du pouvoir naguère. On ne nous laissera pas croire que la Cité de Plassans n'a jamais coédité d'ouvrages sur les beautés de la Ville et les réalisations modernes, constructions et autres remise à neuf de monuments... du temps de Monsieur de Picherasle comme depuis la première élection de la Marquise de Joie-Ceinte.

Les plus assidus de nos lecteurs se souviennent de surcroît que Monsieur de Castreneuf fut dans une de ses nombreuses vies un homme de presse, correspondant du Petit Provençal, pendant quelques années. Il doit donc bien connaître les pratiques du métier de journaliste, sinon celles de chroniqueur de la vie plassanaise. Il doit savoir, de surcroît, maintenant en retraite, mais plus que jamais actif en opposition rebelle à la Marquise, et donc en qualité d’homme politique de plus en plus sollicité par les media, comment fonctionne le système de la presse de ce début de siècle…

 

 

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Notre document :  "Monsieur de Castreneuf, vêtu de probité candide et de lin blanc, ne décolère pas : les centaines de milliers de francs-or dépensés pour la réclame des expositions de l'été, en connivence avec une presse aux ordres ! Un nouveau combat pour ce citoyen émérite de Plassans."


Plus près de nous, un petit fait savoureux illustre l’indépendance de la presse : le Vicomte de Salford, devenu Président d’une école d’étude des arts appliqués, a fait une fleur à un journaliste du Petit Provençal : Monsieur Paul-Hégésippe Herbacet assure en effet depuis peu des cours de journalisme dans l’école nouvelle du Vicomte, sise Boulevard de la Monarchie. Rappelons aux oublieux de l’Histoire que M. Herbacet « couvrit », en son temps, les élections échevinales de 1908 et de 1909 – auxquelles concourut Monsieur de Salford. Tout comme le même Monsieur Herbacet « couvrit » sans toutefois la déflorer la fameuse affaire de l’officine « Espace Faire de Concert », association de loi 1901 subventionnée par la Communauté du Pays de Plassans, dont Monsieur de Salford fut président fondateur (en 1899 – il devait en quitter la présidence en 1901, l’année de son élection à Plassans) et qui fut liquidée à grands bruits étouffés en novembre 1907, pour un passif déclaré de plus de 320.000 francs-or.

 

 

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Notre document : "Le garde-champêtre en retraite Giberne (sans sa moustache, à gauche) veille au grain, pendant la campagne de l'été 1909, en conseillant à un journaliste de ne point réveiller les fantômes d'une vieille histoire de 1907, la fin brutale et mystérieuse de l'association "Espace Faire de Concert".
"Cette officine, fondée par le Vicomte de Salford fut liquidée à la demande de l'administration de Madame de Joie-Ceinte, juste avant les élections de 1908, après des audits présentés comme accablants par le Pays de Plassans - qui était son subventionneur.
"Le journaliste (à droite), devant les arguments imparables de ce bon Giberne, ne peut que s
'exécuter. L'article n'est finalement pas paru."


L’indépendance des journalistes et des journaux est une donnée impossible. Il existe une éthique, mais elle s’arrête nécessairement devant les intérêts communs de la société de presse et individuels des journalistes. Ceux-ci peuvent être de surcroît menacés ou mis sous pression devant des sujets trop sensibles. Le même Monsieur Herbacet, pendant la campagne de 1909, se vit fortement conseiller par le garde champêtre Giberne,  personnage bien connu de nos lecteurs, décidément sur tous les fronts, de ne pas reparler de l’affaire de l’ « Espace Faire de Concert », qui pouvait nuire à la Marquise. En quelques mots bien choisi, l’astucieux garde champêtre en retraite, pas encore président d’association, indiqua au journaliste qu’il fallait mieux… se taire ! Et il n’y eut point d’article. Un témoin que le journaliste tentait d’interviewer fut tout ainsi invité à se faire petit. Le musellement de la presse existe encore, même pour les « petites » querelles de clocher !

On voit donc que l’indépendance de la presse est loin d’être acquise. Fabricants de spiritueux ou collectivités locales, privés ou publics, les puissants de ce monde d’argent ont besoin de la presse, et la presse a besoin de leur argent : il y a fort longtemps en effet que le Pactole ne coule plus dans les poches des feuilles régionales et nationales. Il paraît donc difficile de s’étonner des partenariats établis par la Cité de Plassans avec un quotidien comme Le Petit Provençal pour couvrir positivement des expositions de peinture aux retombées économiques importantes pour le pays de Plassans.

Tout au plus peut-on s’étonner que jamais la Cité de Plassans ou ses édiles n’aient songé à faire appel à nous ainsi qu’à l’équipe des Frelons pour établir quelque plan de réclame hasardeux sur la propreté ou la politique de grands travaux. Nous serions tout disposés, et en toute transparence vis-à-vis de nos lecteurs, à rédiger quelques articles bien léchés sur les problématiques des chiens errants dans la Cité, des sangliers en déroute dans le Parc Nuidan ou les bienfaits du Plan Local Urbatectural de la Cité. C’est pour cela que nous nous tenons à la disposition de toute coopérative vinicole, de tout traiteur, de toute institution qui souhaiterait que soient chantées raisonnablement ses louanges – moyennement rétribution, bien entendu, que nous répercuterons sur le prix de l’abonnement aux Frelons, afin que les lecteurs profitent de cette manne espérée.

 

 

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Notre document : "La revue "Les Frelons" est clairement favorable à la réclame pour les liqueurs et les spiritueux dans ses colonnes, sans lesquels son équipe aurait les plus grandes peines du monde à poursuivre son travail au service du journalisme d'investigation."


Comme une illustration de ces pratiques publicitaires qui sont décidément de plus en plus à la mode, rappelons à nos lecteurs la campagne entamée voici une bonne dizaine d'années pour le tonique vin Mariani, campagne confiée à nos plus grandes gloires littéraires :

« J'ai à vous adresser mille remerciements, cher Monsieur Mariani, pour ce vin de jeunesse qui fait de la vie, conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l'ont plus. »
— Émile Zola, 1895


« Cher Monsieur, J'ai reçu un tel secours de votre vin au moment de mes dernières couches que je vous conjure de m'en faire envoyer d'urgence une nouvelle caisse. »

— Léon Bloy, 1898


« Le témoignage des hommes serait bien trompeur si le vin Mariani ne faisait pas des merveilles. Je crois qu'il en fera en ma faveur s'il m'arrive jamais d'en avoir besoin. »

— Louis Duchesne


« Boire du vin Mariani/ C'est chanter, croire, aimer sans trêve/ C'est ouvrir, au pays du rêve/ Une porte sur l'Infini ! »

— Jane de La Vaudère

25.10.2009

M. de Guindet connaît la chanson

Samedi soir, à Marseille, le chanteur Christophe Bevilacqua donnait un concert public soutenu notamment par le Conseil de Département. Le célèbre interprète de succès tels que "Aline" ou "Comme un interdit" donna un récital de ses chansons nouvelles et plus anciennes, pour le plus grand plaisir des amateurs.

Les politiques de la région de Plassans n'étaient pas absents de cet événement : Monsieur de Guindet a été aperçu dans la salle réservée aux libations des invités du Conseil de Département - salle où n'étaient admis que des hôtes triés sur le volet.

 

 

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Notre document : "Monsieur de Guindet était de sortie, ce samedi soir, pour assister au concert de Christophe Bevilacqua. Hélas, tout occupé à ses affaires politiques, il a oublié d'aller au tour de chant... La politique, qui est tout autant un art, passe hélas avant la musique."


Hélas, pris dans ses discussions de haute volée, il n’a pas assisté au concert. Mais il était beau de voir, toujours aussi vert, celui qui a bien failli être élu échevin de Plassans, discuter à bâtons rompus une bonne partie de la nuit. On ne vit point ce soir-là Maître Pezest, que l'on sait pourtant amoureux de la Chanson française, qu'il ne manque jamais de défendre et de soutenir - notamment avec le Festival de la Chanson française, à Plassans, qu'il aide et apprécie, à juste titre d'ailleurs.

 

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Notre document : "Un jeune artiste indigent, qui est parvenu à obtenir une invitation à la soirée "V.I.P." (prononcer : "vieille pie") du Département, remplit un panier à l'issue de la soirée pour subsister pendant quelques jours encore aux frais du contribuable. Entre deux campagnes électorales, les occasions de manger gratis se font rare, en effet..."

19.10.2009

Éternels recours

« Les nouvelles du jour telles qu’elles étaient rapportées dans les gazettes étaient discutées avec une spéciale vigilance d’examen. En ce qui regardait tout récit auquel il manquait date de temps ou origine de lieu, quelque plausible qu’il puisse paraître, Kant se montrait toujours inexorablement sceptique et le tenait comme indigne d’être raconté. »

Thomas de Quincey, Les derniers jours d’Emmanuel Kant

 

 

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Notre document : "Après l'été indien arrivent les premiers frimas électoraux en pays de Plassans..."

 

L’actualité politique en pays de Plassans semble morne et terne, en cet automne tardif. C’est ce que pourrait croire le non-initié aux arcanes politiques de « la belle aux eaux crépitantes », s’il ne lisait que les feuilles locales et les blocs-notes des anciens politiciens. Pour preuve : dans son bloc-notes, même Monsieur de Castreneuf, que l’on a connu plus combatif, se borne aujourd’hui à commenter des daguerréotypes qu’il réalise lui-même de travaux qui ont lieu aux Tulettes, près de l’hôpital psychiatrique. Beaucoup d’ « observateurs de la vie politique », comme on dit dans les journaux nationaux, se contentent, eux, d’attendre d’hypothétiques rebondissements en recours, qui ont fini par lasser les Plassanais les plus politiquement acharnés, jusqu’à la Marquise elle-même – que l’on dit fort lasse de toutes ces élections successives auxquelles elle a fort imprudemment pris part, et qui l’ont conduit à accumuler des responsabilités fort nombreuses, dont on lui fait grief jusqu’à Paris.

Pourtant, l’heure est au combat politique le plus ardent : les préparatifs vont bon train, dans tous les camps : les élections régionales se préparent, ainsi qu’un découpage de la carte électorale, qui est à l’oeuvre, dont même « Le Petit Provençal » relève les incongruités. Nous laissons à nos lecteurs le plaisir de se reporter à l’édition de ce quotidien pour s’informer des détails de cette opération de loisir créatif politique.

 

 

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Notre document : "Confits sociaux aux Postes et télécommunications. À la Poste centrale de Plassans en grève, il était récemment impossible de retirer son salaire, le service minimum étant réduit à peau de chagrin. Les politiques locaux restent étrangement muets devant ces avalanches de problèmes. Seul Monsieur de Castreneuf semble prendre clairement position pour le maintien de la Poste dans le Service Public. Mais sans doute n'a-t-il jamais connu de postière revêche ?"


Nous avions rencontré Monsieur de Gensanat, pendant la dernière campagne échevinale, qui nous avait alors éclairé sur cette problématique. Il nous est apparu utile, quelques semaines plus tard, de rendre publiques les propos échangés avec ce fin politicien. On l’avait beaucoup accusé de virevolter, de parti en parti, de changer d’étiquette, pour finalement n’être nulle part. Le sémillant conseiller général, avant même d’expliquer la nouvelle carte électorale, s’en défendit : il était dans une logique… parfaitement logique. À l’échelle du Royaume, l’ancienne UDF (Union des Francs) s’était ralliée majoritairement à l’UMP (Union pour la Majorité du Prince), et non au Modème de Monsieur de Bailleroux. C’est tout naturellement que Monsieur de Gensanat avait rejoint, dans la petite foulée, les rangs de l’UMP, puis du Nouveau Mitan, le parti créé pour remplacer l’UDF, quand il est apparu que le Mystère des Voix Centristes, un peu trop rapidement oublié, devait opérer de nouveau dans l’alchimie des urnes.

 

 

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Notre document : "Notre reporter prépare son entretien avec Monsieur de Gensanat dans un café du Cours Mirabelle où le fringant conseiller général a ses habitudes."


Monsieur de Gensanat a ensuite été auréolé d’une certaine gloire : celle de se voir adouber par Monsieur Maurin, ministre de la Guerre. Tout naturellement oint de cette protection capitale, Monsieur de Gensanat est devenu le chef de fiel de ce nouveau parti de Mitan.

Il fallait ensuite convaincre Madame de Joie-Ceinte du soutien authentique de Monsieur de Gensanat. Elle avait déjà dans ses rangs des membres (déjà) anciens et nouveau du Nouveau Mitan, comme Monsieur Bambin et Monsieur de Carat, mais la Marquise voyait toujours d’un mauvais œil l’arrivée dans la campagne de juillet de Monsieur de Gensanat. Elle avait souvenance que le politicien avait été fort virulent contre elle les années précédentes et avait participé à la liste de Monsieur de Peresty en 1908.

 

 

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Notre document (reconstitution) : "LA MARQUISE - Ah, Monsieur de Gensanat, nous ne vous haïssons point ! Nous revenez-nous fidèle ?
"MONSIEUR DE GENSANAT -Madame la Marquise, si vous me permettez, j'ai toujours été fidèle à ma famille politique. C'est tout naturellement que je vous reviens.
"LA MARQUISE - Cela est bel et bon. Nous comptons sur vous et vous pourrez compter sur nous : régionales et législatives vous seront acquises, sous les auspices du Ministre MAURIN. Mais le plus dur reste à faire : il faut reconquérir Plassans..."



Un accord devait être trouvé entre Monsieur de Gensanat et les fidèles de Madame de Joie-Ceinte pour apaiser les esprits et permettre à la Marquise de remporter la victoire de 1908, injustement volée, en juillet 1909. Un accord, demandé par Monsieur Maurin, et accepté par la Marquise. Des documents furent même signés qui indiquèrent que la guerre était finie, et qu’il était temps pour Monsieur de Gensanat de rejoindre sa famille politique de toujours. En échange de son soutien inconditionnel, Monsieur de Gensanat était candidat sur la liste des régionales emmenée par Monsieur Falcaud – qui plus est, dans une position éligible. Qui sait ce qu’il en est aujourd’hui que les têtes de liste ont changé ? L’accord était assorti d’une autre promesse, qui fait intervenir le fameux découpage électoral, si mal compris par certains esprits fâcheux.

 

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Notre document : "L'accord a enfin été trouvé entre le toujours stylé Monsieur de Gensanat et les fidèles de la Marquise. Le combat peut reprendre. Les joutes futures sont d'ores et déjà établies. La reconquête de la région commence par Plassans."


Mais à l’époque, cela était clair, bel et bon. La reconquête de la région, après celle de Plassans, allait se faire avec Monsieur de Gensanat. Sa popularité faisait espérer en effet au Parti majoritaire un apport de voix indispensable.

C’est là que vient jouer le redécoupage électoral, que Monsieur de Gensanat nous expliqua fort clairement. Dans l’accord qui le liait désormais avec la Marquise (dont nos lecteurs savent aujourd’hui qu’elle a justement reconquis Plassans), il y avait la promesse d’une circonscription législative : Monsieur de Gensanat allait devenir député à la Chambre !

Mais pour cela, il fallait encore créer une nouvelle circonscription. Marseille et le département entier donnent à la France huit députés (dont la Marquise). Mais Marseille est surreprésentée dans ce découpage. Ce problème de représentativité, dont les experts discutent aujourd’hui, a pour conséquence de supprimer une circonscription à Marseille pour en créer une huitième en Pays de Plassans - mais pas avant 1912. Cette circonscription irait du Château de Ventabren à la Ville de Nostradamus.

 

 

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Notre document : "Giberne, le fameux garde-champêtre en retraite président d'association, n'a guère compris le principe du redécoupage électoral. Peu lui chaut. Il lui suffit de comprendre qu'il y a de nouvelles élections et de nouvelles opportunités à saisir aux cheveux. Dès octobre, il bat le rappel de ses troupes pour les prochaines élections. Il compte, avec son association, se rendre utile au plus offrant. Mais qui soutenir ? C'est là l'éternel problème pour ce bon Giberne. Fidèle à son habitude, tel les carabiniers d'Offenbach, il risque encore d'arriver après la tempête..."


Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Les fâcheux et les détracteurs de Monsieur de Gensanat – il y en a encore malgré le (ou à cause du) succès de la Marquise – ne décolèrent pas. D’abord en s’en prenant au découpage électoral, qu’ils disent favorable aux force majoritaires actuelles. Ensuite en prétendant que l’accord de juillet 1909 ne sera pas respecté, ni aux régionales et encore moins aux législatives.

L’avenir seul nous dira si le toujours sémillant conseiller général Monsieur de Gensanat aura les combats politiques que lui ont ouvert ses soutiens inattendus mais logiques à la Marquise de Joie-Ceinte, au cours de la joute de l’été 1909.

Monsieur de Falcaud a jeté l’éponge pour les élections régionales – ce qui a rendu sa Majesté furieuse, qui ne décolère pas – et la donne pourrait changer de ce côté-là.

 

 

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Notre document : "Une nouvelle élections échevinale en 1910 ? Les urnes sont déjà pleines, selon les méchants dires de revanchards radicaux-socialistes. Cela ne se peut pas, bien évidemment."

 

La Marquise, de son côté, n’est pas à l’abri d’une nouvelle annulation de ses élections. Certains la nomment aujourd’hui « l’éternel recours ». Il fut un temps question, malgré cette même épée de Damoclès, à nouveau sur sa tête, de la propulser en tête de liste des élections régionales du parti du Roi, mais la Marquise après de nombreuses tergiversations, à préféré soutenir Monsieur de Marillagny. Il s’avère aujourd’hui qu’elle a eu raison, puisque Sa Majesté a choisi Monsieur de Marillagny pour reprendre la région des mains des radicaux-socialistes, devant l’abandon de Monsieur de Falcaud.

Si la Marquise voyait son élection de 1909 annulée à son tour, quelle serait la suite ? Une nouvelle élection en 1910, dans le même temps que ces fameuses élections régionales ? La Marquise, épuisée, repartirait-elle au combat ? Ou laisserait-elle la place à Monsieur Bramoulay ? Une rumeur, de plus en plus insistante, dit en effet qu’il lui succèdera en attendant la reprise de la ville par Sophie de Joie-Ceinte. Ces annulations prévisibles auront-elles une conséquence sur les élections régionales ? Et par là sur le redécoupage et les élections législatives de 1912 ?

On voit que l’avenir reste toujours incertain. Du côté des farces de progrès, qu’avons-nous ? Monsieur de Voselle, actuel Président de la Région Provence, semble dans une forteresse assiégée. Malgré ses réalisations et ses prises de positions, dont il peut s’enorgueillir, il aura à répondre notamment de problèmes relatifs aux subventions accordées à des associations fantômes, faits découverts l’année dernière et qui devraient quelque peu ternir son armure de blanc chevalier au service des nécessiteux de Provence.

 

 

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Notre document : "Grande interrogation : Monsieur de Salford sera-t-il sur la liste emmenée par Monsieur de Voselle pour les régionales ? En position éligible ? Où demeurera-t-il le fin observateur de la vie politique plassanaise que les événements ont fait de lui ?"


Monsieur de Voselle prendra-t-il sur sa liste Monsieur de Salford, comme il fut un temps question pendant la campagne des élections échevinales partielles de l’été 1909 ? Ou bien n'était-ce que méchante rumeur dissipée par les partisans de la Marquise en juillet ? C’est une des questions de cette élection nouvelle qui, on le voit, fera la part belle à Plassans – tout en concernant l’entièreté de la Région.

 

 

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Notre document : "L'AGENT - Et bien, mon petit, où vas-tu de si bonne heure ?
"LE JEUNE MILITANT - Bigre, Monsieur l'agent, je m'en vais porter la bonne parole du candidat Voselle pour son troisième mandat !
"LA DAME - Ma doué ! Il les prennent au berceau, les militants, maintenant ?"

02.10.2009

Association de bienfaiteurs

"Il apparut par la suite que ce Lébiadkine, installé chez nous depuis peu, était un personnage des plus louches et n'avait aucun droit au grade de capitaine en retraite dont il se paraît. Il ne savait que friser sa moustache, boire et raconter les histoires les plus stupides qu'on puisse imaginer."
F. Dostoïevski, Les Démons (Trad. de Boris de Schloezer).

 

Les « associations » sont des inventions de fraîche date. Une loi de 1901 en a en effet établi les dispositions, réglementations et limites. Huit ans à peine après le vote de cette loi, quel bilan peut-on tirer de ces officines et de leurs liens avec la politique locale ? À Plassans comme partout ailleurs, les associations, souvent utiles, sont parfois en cheville trop étroite avec les pouvoirs en place (région, département et ville) et les deniers amassés par ces officines servent parfois davantage les intérêts de leurs créateurs et des politiciens qui les soutiennent que le public qu’elles sont censées représenter et défendre. Cela est su de tous, mais curieusement, chacun se tait. Tout le monde semble tirer profit de ce système assez pernicieux. Des associations existent qui aident véritablement leur prochain. D’autres ne sont que des coquilles vides qui aspirent les subventions et dont les liquidités disparaissent au profit d’on ne sait quelle œuvre, comme par hasard avant des élections locales. Des exemples récents sont connus de nos lecteurs : la Région a connu des déboires certains suite à la découverte d’une ce ces coquilles vides. Ces coquillages qui ne rendent pas même le son de la mer existent partout.

 

 

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Notre document : "Principale difficulté pour une jeune association : trouver un local. Sauf quand on peut bénéficier du soutien d'amis sincères et désintéressés... Sur notre document, le président d'une jeune association, garde champêtre en retraite, visite des locaux prêtés par des amis ottomans, qu'il a autrefois connus pour des problèmes de vols d'oies."



Monsieur Zola démontra habilement dans sa fiction La Conquête d’Aix-en-Provence l’ascension intéressée d’un bien curieux personnage, l’Abbé Faujas. Celui-ci, au cours de sa progression parmi les notables aixois, faisait usage de deux cercles destinés à la jeunesse pour obtenir les faveurs des Aixois et de leurs édiles. Ces deux cercles étaient de toute évidence des instruments pour s’attirer les bonnes grâces de ceux qui lui étaient opposés – les « bonnes œuvres » ainsi réalisées apparaissaient, avant l’heure, comme des opérations de marketing – comme on dit en Amérique.
On sait que la ville d’Aix-en-Provence est inventée à partir de notre ville, bien réelle, de Plassans. Mais la description que fait Zola de ces instruments au service de la conquête d’un pouvoir, cette description si amusante et si… glaçante, est édifiante ! Autour de nous, dans la réelle Plassans d’aujourd’hui, certains tentent de fonder des associations, des cercles, à seule fin de se rendre indispensables aux édiles d’abord – et connus des Plassanais ensuite – les Plassanais viennent toujours après dans les calculs politiques – car c’est bien encore ici de politique qu’il s’agit.

Un exemple : un garde-champêtre en retraite, déçu du « marquisisme », n’avait point obtenu fin juillet la place qu’il espérait en battant la campagne aux côtés de la Marquise. Celle-ci s’était émue de ce soutien curieux. Que venait faire ce garde en retraite dans sa galère ? Ancien soutien du Vicomte de Salford, que l’on sait toujours en disgrâce, le retraité portait comme une croix ses ralliements de jadis. En arpentant la rue Joliet, où loge la Marquise, il fût comme Saint Paul sur le chemin de Damas et se convertit au « marquisisme », car le vent avait tourné un peu trop fort et trop vite. Ne l’avait-on pas vu quelques semaines auparavent à un meeting de Monsieur de Bailleroux, invité par Monsieur de Peresty ?

 

 

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Notre document : "Le garde-champêtre en retraite, au fond du trou, part à la recherche de voix pour la Marquise, pendant la campagne de 1909. Que n'a-t-il mis semblable ardeur à la campagne de 1908 ? Obtiendra-t-il réparation pour son honneur perdu et bon poste pour autant ?"


Arrivé chez la Marquise, le garde était déterminé : c’était cette cause qu’il fallait embrasser, absolument. Il renia le Vicomte de Salford trois fois au moins avant que le coq ait chanté. Lorsqu’il sortit de la demeure de la Marquise, raccompagné par le chauffeur d’icelle, le garde était circonspect. La partie n’était pas gagnée.
La Marquise semblait froide à son égard, méfiante – et combien elle avait raison ! Et l’élection n’était pas acquise. Le garde champêtre lui-même ne votait pas à Plassans, il n’y habitait même pas. Mais qu’importe ! Il devait faire tout comme et rallier tous ceux qu’ils pouvaient à la seule cause qui vaille : celle qui pourrait lui faire retrouver une bonne place – à la Compagnie Mixte des Calèches Plassanaises, par exemple.

 

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Notre document : "Malgré tous ses efforts pour les convaincre du contraire, le garde champêtre en retraite était toujours considérés par les amis de la Marquise comme un sous-marin du Vicomte de Salford..."

 

On sait ce qu’il advint : la Marquise gagna, d’un cheveu. Et le plus dur restait à faire à ses soutiens les plus proches : expliquer aux dupes qu’on ne pouvait réaliser les promesses tenues pendant la campagne-éclair. Le garde en retraite, comme tant d’autres, se vit joué. Il avait perdu une bonne occasion de passer des vacances au calme – et n’avait toujours pas retrouvé la place qu’il escomptait, malgré ses efforts de dernière minute. Salford ne voulait sans doute plus entendre parler de lui, et du côté de la Marquise, il apparaissait toujours pour un soutien – voire un sous-marin – de ce fâcheux Vicomte qui avait fait choir la Marquise en juin 1909. Pis, le garde en retraite courait après le Baron Chauraud chaque fois qu’il le voyait, espérant quelque aide de sa part, et le Baron n’avait pas bonne presse auprès des vrais amis de la Marquise – l’alliance du Baron et de Madame de Joie-Ceinte n’était que de façade.

 

 

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Notre document : "Au beau milieu de la tragédie qui la frappa au cours de l'été 1909, la Marquise pouvait toujours compter... sur le soutien de notre garde champêtre en retraite. Bienheureuse consolation. Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis !"


Le garde était joué. Il avait usé son téléphone pendant la campagne, traîné ses guêtres et épuisé son cheval en vaines cavalcades. Comment faire à présent pour revenir en grâce, obtenir place et argent, gloire et célébrité ? C’est que le temps pressait… Il fallait pour cela se rendre indispensable, mais comment ? Susciter l’intérêt et le désir auprès de ces politiques tant admirés ? Comment revenir en grâce ? C’était la phrase qui revenait le plus souvent dans les propos. La nuit, il se retournait sur son matelas, sans réveiller son épouse, et songeait à l’ingrate Marquise. La campagne n’avait point suffit, les gesticulations et les lourdes notes de téléphone non plus. Que faire ?


 

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Notre document : "Ingratitude de la destinée : c'est à cause d'une malheureuse bouteille de liqueur, offerte au Petit Noël des Gendarmes Ruraux, inopportunément trouvée dans son bureau, que notre garde champêtre fut mis en retraite d'office. A cause d'un soutien malheureux au Vicomte, le même garde allait-il encore une fois tout perdre : veau, vache, cochon, couvée ? Cela ne sera pas dit !"


L’idée vint, d’une création d’une officine. Elle devait être destinée à rassembler le maximum de subventions d’abord et de Plassanais ensuite. C’est ce qui germa du cerveau fécond du garde en retraite. L’association – puisque c’était la forme que devait prendre ce « piège à politiques » – devait tout faire, véritablement tout. Sport, œuvres de piété, chorales, arts… rien ne devait échapper au hardi garde champêtre. S’il voulait conquérir Plassans, il lui faudrait être présent sur tous les terrains.
Il battit donc la campagne, de nouveau, seul cette fois, sous la chaleur rude de Provence, tout le mois d’août, pour préparer sa vengeance à deux visages : une association aimable cachant une machine à conquérir.


L’un des objectifs premiers étant d’aider à ravir la mairie de Châteauvieux au bourgmestre actuel pour le compte de Monsieur de Navarrais, riche propriétaire de manèges et de chevaux de traits. On ne sait ce qu’il doit advenir de ce projet. Mais il est véritable. Un objectif secondaire étant de devenir nécessaire, incontournable, pour les prochaines élections en pays de Plassans et, si ce n’est pour soutenir la Marquise, du moins se montrer indispensable au Baron Chauraud – qui sera d’ailleurs l’un des premiers sollicités pour la peine. Le Baron fut-il parrain de cette association si jeune et déjà si importante (du moins dans l’esprit de son créateur) ? Nul ne le sait. Ce que l’on sait, en tout cas, c’est que le gendre du Baron sortit son portefeuille et tira un chèque d’une petite somme (rondelette) pour permettre au garde en retraite de poser les premières pierres de l’officine nouvelle.
L’association, aux objectifs et objets nombreux, fut rapidement surnommée « association kifétou » par ses détracteurs, car, à peine née, sans membre, sans bénévoles, elle entendait véritablement se rendre indispensable dans tous les domaines, et surtout aux puissants de Plassans.

 

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Notre document : " Le comptable au président-garde-champêtre de la jeune association : - Voyez, Président, ceci est votre première lettre recommandée. C'est la rançon du succès : à peine née, votre association recueille déjà les premiers fruits de ses bienfaits : les factures s'accumulent, les impayés, les reconnaissances de dette. Vous irez loin, foi de spécialiste !  "


Les gesticulations du garde président ne devaient que rendre encore plus complexe encore les fins véritables de ce nouveau cercle. Des restaurateurs, qu’il avait arrêtés quand il était encore en service, lui offrirent spontanément un local. D’anciens contacts, qui avaient eu affaire à lui, dans le passé, pour des histoires de police, offrirent également leurs services, devinrent membres de l’officine. Le garde en retraite avait un répertoire fort bien garni par ses activités passées, et l’association montait, petit à petit, par l’apport honnête et désintéressé de toute cette bande de chouettes amis.

 

 

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Notre document : "Pour faire connaître une association, rien ne vaut les bonnes méthodes d'antan : les voleurs de poules de jadis font de très bons membres d'association aujourd'hui... surtout quand on leur rappelle leur passé... Sur notre document : le président-garde-champêtre et ses amis retrouvent un peu de leur jeunesse en battant la campagne à la recherche de membres frais pour leur association de bienfaiteurs."


Mais si l’amitié et le bénévolat sont deux belles choses, le garde en retraite ne perdait pas de vue son ambition première : conquérir Plassans, absolument, et le cœur des élus dont il visait la protection.

 

 

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Notre document : "Le Président-Garde-champêtre : Crrrédieu ! C'est-y pas vrrrai ! Des facturrres ? Déjà ? Et où sont-y, les chèques des membrrres ?
"Le Comptable : Parbleu ! Déjà encaissés, sitôt dépensés ! "


Les dossiers survinrent. Des adversaires internes à la Marquise, connus de longue date, apportèrent du cœur même du pouvoir (tant espéré) des preuves capitales dans un lourds carton aux sangles en souffrance : un dossier sur des factures élevées et troubles du Carnaval de Plassans de 1907. Tout une correspondance, officielle des proches du bourgmestre était étalée là ; des factures, des devis, des courriers vindicatifs. De l’argent avait été englouti, par on ne sait quelle magie. Le garde ne comptait pas faire la lumière là-dessus, mais faire son miel, dans un futur plus ou moins proche, de ces informations précieuses et compromettantes. C’est qu’une idée nouvelle avait – encore ! – germé dans son esprit fécond. Il comptait organiser à lui tout seul le carnaval de 1910. Mais il dut rapidement revoir ses prétentions à la baisse, devant la difficulté de la chose. De ce rêve resta le dossier, sur une étagère vide du bureau prêté par les amis restaurateurs. Tout au plus tenta-t-il de négocier la présence de danseuses exotiques issues du lointain Brésil au prochain Carnaval – qui était toujours chasse gardée...

 

 

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Notre document : "Notre retraité avait, du temps de son activité de garde champêtre, un faible pour le beau sexe. C'est donc tout naturellement que, dans sa tentative maladroite d'annexion du Carnaval de Plassans, il devait (faire) préparer un spectacle de danseuses exotiques."


Les autres projets ne manquaient pas : tournois de sport organisés à la va-vite sur des terrains communaux dont on se demandait qui pouvait bien en louer les services à une association qui vient juste d’éclore ; repas arrosés sous les tonnelles de quelque audacieuse guinguette provençale… Le sport et la culture sortiront certainement grandis de ces opérations où le dindon de la farce sera sans doute le contribuable qui verra des subventions attribuées à des officines de ce type – qui n’aspirent qu’au succès de leurs dirigeants. Où devra conduire cette irrésistible ascension ? À des soutiens inattendus lors de prochaines élections ? Nous verrons bien, mais nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant des déploiements de farce de ces armées des ombres politiciennes que constituent certaines des associations du Pays de Plassans.

 

 

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Notre document : "Des méthodes quelque peu musclées pour convaincre les plus réticents à devenir membres !"

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